[Vie municipale]
Plusieurs actions de proximité étaient à l'ordre du jour du dernier conseil municipal: conventions avec les structures et associations de quartiers, soutien au bénévolat, bilan des conseils de quartiers. Egalement soumis au vote: la ZAC de Maurepas et le futur quartier de Baud-Chardonnet.
En préambule, deux interventions ont été demandées sur les piscines et les Matelouères. «Ces questions ayant déjà été traitées et comme il n'y a pas d'éléments nouveaux, les élus concernés poursuivront le dialogue en dehors du conseil municipal», a expliqué le maire Daniel Delaveau.
La maison de quartier et la bibliothèque de la Bellangerais (DG)
Animation dans les quartiers
Les 28 conventions avec les équipements de quartiers sont renouvelées. Gaëlle Andro vante ce « modèle rennais », qui consiste à mettre en place pendant 6 ans des actions communes dans les quartiers. Les maîtres mots: pluralisme, transparence et autonomie des structures. Plus de 200 réunions ont été organisées avec les associations autour de 3 questions: quelle vitalité économique à venir, quels engagements bénévoles, quels évolutions urbaines? Sport, culture, solidarité, services aux personnes... « On ne peut pas dire que l'engagement bénévole s'affaiblit », ont souligné plusieurs élus.
Cette démarche a concerné 41 équipements de quartier, 27 associations de gestion et 470 associations et collectifs hébergés. 178 salles sont mises à disposition. Subvention totale de fonctionnement : 9,7 millions d'euros (moyens constants).
Bruno Chavanat (opposition), se félicitant de la « grande richesse du tissu associatif rennais », a regretté « l'affaiblissement de l'autonomie des associations » - citant la disparition de l'OSCR, ou la mise à l'écart de l'association gérant la Maison de quartier de Maurepas. Et fait des propositions: laisser la gestion administrative des équipements aux associations de quartier (« l'école de la responsabilité »), faire des appels à projets ouverts et transparents (« pas de choix prédéfinis, venus d'en haut »)...
Sébastien Sémeril soulignait à l'instar de ses collègues « le remarquable travail de Gaëlle Andro et de la Direction de la Vie associative». « Dans cette assemblée, a conclu le maire, nous sommes tous, ou presque, issus du monde associatif, qui nous a formés, instruits. Nous sommes tous très sensibles à leur situation actuelle ».
Vote : le groupe URC s'est abstenu, le reste du conseil a voté pour.
Associations à convention sociale
« L'aide aux personnes en difficulté constitue une des priorités de la Ville de Rennes », a insisté Nathalie Appéré, première adjointe. Les subventions aux Restos du Coeur (36 000 €), à ATD Quart Monde (20 000 €), au Secours Populaire (16 000 €) et à la Croix Rouge (25 000 €) ont été votées à l'unanimité.
Un conseil de quartier du Blosne en 2009 (DG)
Conseils de quartiers
Depuis 2002, des comités consultatifs ont été créés dans les quartiers (renouvelés en 2008). Tous les ans, un rapport retrace leur activité et la participation des habitants à la vie locale. Ce lundi soir, une discussion riche a suivi la présentation de ce rapport.
D'abord quelques chiffres : 2200 inscrits (de quelques centaines à plus de 500 par quartier). Parmi eux, 55% sont des habitants, 21% des associations et 23% des bailleurs sociaux, élus ou autres partenaires.
Les thèmes traités : animation, éducation, citoyenneté, sécurité, prévention de la délinquance, emploi... « Les conseils de quartiers ne résument pas la démocratie locale, a estimé Nathalie Appéré. Il existe d'autres lieux, d'autres instances. Mais c'est un lieu d'investissement important des habitants » qui a connu une augmentation des inscriptions en 2009 (+56 %).
« Ce que vous avez mis en place ne vaut pas démocratie participative, a réagit Bruno Chavanat. Jamais nous n'avons vu autant de difficultés de concertation ! Entre la représentation que vous faites et la réalité, il y a un écart qui ne cesse de grandir. Vous avez déployé une communication extrêmement agressive sur vos actions de quartier, alors que poussent comme mille fleurs des contestations qui ne trouvent pas le moyen de s'exprimer dans ces instances.»
Réponse de Frédéric Bourcier, élu du Blosne: «Les comités de pilotage des conseils de quartiers s'interrogent sans cesse sur la démarche, notre démarche. Au Blosne, en nous questionnant sur le projet urbain du quartier, ce sont les habitants, pas les élus, qui ont décidé que telle ou telle thématique allait être traitée. C'est ainsi qu'a émergé l'idée des "ambassadeurs du quartier": ce sont des habitants qui se chargent de récolter la parole citoyenne, de faciliter l'expression et la participation des riverains. Nous ne disons pas que les conseils de quartier sont l'alpha et l'oméga de la démocratie participative, mais ils en sont le support, l'espace de débat.»
« Les conseils de quartiers ne sont pas parfaits, a ajouté Nathalie Appéré. Notre obsession, c'est précisément d'attirer ceux qui ne participent pas, et comment améliorer le processus. Si certains projets des habitants sont meilleurs que ceux imaginés à l'Hôtel de Ville, comme l'aménagement du parc Saint-Cyr ou la maison de quartier La Touche, nous nous fions à l'expertise des habitants et les projets évoluent. (…) La démocratie n'est pas non plus la dictature de l'opinion ou la raison de celui ou celle qui parle le plus fort ». Pour le Modem, Fabrice Marzin a « rejoint Bruno Chavanat sur la faible place de l'opposition dans les caravanes des quartiers ou les Flashs Info de quartiers ».
D'autres rapports des comités consultatifs ont été présentés au conseil : les déplacements urbains (avec notamment la mise en place de « zones de rencontre »), l'accessibilité et personnes en situation de handicap, les droits des femmes, etc.
L'allée de Brno, près de l'avenue de Rochester (DL)
Quel avenir pour Maurepas ?
Le bilan de la concertation au Gast a été présenté par Frédéric Bourcier, avec – c'est inédit – une modélisation 3D du quartier sur un écran géant. Les objectifs? L'intégration de la station de métro, la valorisation des espaces publics (avenue de Rochester, places, parcours piétons), l'amélioration des commerces et le développement d'une plus grande mixité sociale (construction de nouveaux logements en accession libre).
L'avenue de Rochester sera moins large, passera à deux voies, et un front bâti sera constitué au nord transformant radicalement la physionomie. Une vraie place publique, dite place du marché, verra le jour au Gast, de la taille de la place du Parlement, « à dominante minérale » avec un accès au centre commercial et au métro. Autres nouveautés : une nouvelle rue en direction du parc des Gayeulles, un pôle culturel et associatif en cœur de quartier. Le programme prévoit la construction de 1200 logements et la démolition de 370, la création d'un nouveau parking-relais, et la reconstruction du centre commercial.
Pour Yves Préault, élu du quartier, «c'est un projet réparateur pour un quartier vieillissant, avec 78% de logements sociaux et un bâti obsolète. C'est aussi un projet novateur pour son élaboration collective » qui anticipe l'arrivée du métro.
« Le rétrécissement de l'avenue Rochester, déjà congestionnée, et le choix de la densification urbaine sont regrettables », a réagi Bertrand Plouvier pour l'opposition, tandis que Rémi Lescure et Fabrice (MoDem) se sont abstenus « non pas sur le projet urbain, satisfaisant, mais sur le choix préalable du métro.»
Vote de la création de la ZAC de Maurepas: 9 abstentions, aucune opposition.
Vue d'ensemble des volumes de la ZAC plaine de Baud
La ZAC Baud-Chardonnet : un nouveau quartier à Rennes
La présentation complète du projet est à lire ici. Coût total d'aménagement : 86 millions d'euros. Livraison des premiers logements début 2014. « L'un des derniers quartiers qui se construira ex-nihilo à Rennes », a relevé Bruno Chavanat, qui avait voté en 2007 la création de la ZAC. « Un choix que nous ne regrettons pas aux vues du projet. Un projet qui ne doit cependant pas être trop uniforme, homogène, il sera important de laisser sa place à la spontanéité, au désordre. »
Pour Frédéric Bourcier, « on est sur des îlots beaucoup plus diversifiés que les précédentes ZAC.» « Il y a souvent confusion entre schéma d'urbanisme et architecture», a renchéri le maire.
Voté à l'unanimité.
La Maison de la consommation et de l'environnement (MCE)
Ce projet prévoit la restructuration et l'extension des locaux de la MCE situés Boulevard Magenta, qui restera donc sur le même site. Voté à l'unanimité.
CR
Petit incident de fin de séance.
En évoquant l'incendie de la place Saint Michel, Benoît Caron (URC) a déploré «la multiplication des débordements le jeudi soir ou pendant la fête de la musique, où l'alcool est très présent. Cela pose un véritable problème pour les habitants et la sécurité de notre centre ville. Avez-vous la volonté politique de mettre un arrêt à ces fêtes qui dégénèrent?»
« Votre discours procède de l'amalgame, a rétorqué, irrité, Daniel Delaveau. Vous mélangez tel ou tel incident dramatique, la fête, la culture, la jeunesse... Je ne peux pas vous laisser dire ça.»
Choqué par les termes utilisés par le maire («propos nauséabonds», «outrance»), Benoît Caron a quitté - seul - le conseil municipal.
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