[Culture, Loisirs]
Episode 1 - «Quand on se promène au bord de l'eau», à Rennes, entre Vilaine et canal d'Ille-et-Rance, on croise des pêcheurs, des éclusiers, des joggeurs, des promeneurs… Chaque semaine jusqu'à la fin de l'été, partez à leur rencontre sur les pas du journaliste Jean Le Barvic et du photographe Christophe Le Dévéhat. 
Ep 1/6 - De la République aux étangs d'Apigné
Le voyage commence à la République, en plein centre de la ville. Devant le bâtiment de la Poste, bus, taxi et piétons se partagent un espace qui semble bien loin de nos préoccupations fluviales. C'est oublier un peu rapidement que derrière les fondations du métro circule ici la Vilaine, qui traverse le centre-ville de Rennes sous des quais couverts de béton armé, depuis 1913.
La rivière sort de sa gangue souterraine au niveau de la place de Bretagne, rapidement rejointe par son affluent majeur, l'Ille. Quai de la Prévalaye, le chemin de halage est fermé, occupé par un chantier. «On renforce le mur pour éviter les inondations», expliquent Michaël et Ivan, deux ouvriers en plein travail sous un soleil de plomb. «Il longe la route depuis 60 ans, et n'est plus étanche; des habitants du quartier nous ont ainsi raconté qu'il y a eu une crue ici en octobre 1999.» À la vue de son cours tranquille, et du grand dénivelé entre le niveau actuel de l'eau et celui de la voirie, on peine à imaginer une Vilaine en colère.
Les ouvriers consolidant le mur, quai de la Prévalaye (C. Le Dévéhat)
Passé le pont Malakoff, le paysage change déjà. Nouveau quartier, nouveaux aménagements: le quai d'Auchel est large et planté de petits palmiers. C'est ici que Laura attend son conjoint et leurs deux ados, vélo à la main. «Nous avons suivi le bord du canal d'Ille-et-Rance depuis Saint-Malo, et nous allons rejoindre La Baule en longeant la Vilaine.» Derrière elle apparaît sa fille, indiquant où se trouve le reste de la famille. L'équipe repart en direction de Bruz, où elle passera la nuit au camping. 
Laura en route vers la Baule (C. Le Dévéhat)
Après le pont de chemin de fer, la rivière s’élargit. Le crépitement dans les câbles à haute tension qui surgissent derrière le long mur de pierre sur la gauche indique que l'usine de production énergétique construite en 1880 fonctionne toujours. Soudain parmi les fleurs, surgit l'écluse du Comte. Pendant l'été, c'est Thibaut, le bac tout juste en poche qui remplace l'éclusier. «Hier, j'ai croisé un gars qui m'a raconté son histoire. Il venait de se faire licencier, et a décidé de prendre son canoë et de tout plaquer. Il arrivait de la Manche et continue son aventure vers l'Atlantique.» 
Thibaut, éclusier le temps d'un été (C. Le Dévéhat)
Une fois passé sous la rocade, le paysage devient aride, sans ombre. Mais au bout de quelques kilomètres, la récompense arrive enfin: nous allons tremper nos pieds dans l'eau, au bord de la plage des étangs d'Apigné.
Jean Le Barvic
La semaine prochaine, épisode 2: promenade entre les étangs d'Apigné et l'écluse Saint-Martin
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BENFERHAT
« Considérans que la ripvière de vislaigne passe partys par le mellieu de la dicte ville de Rennes et l’autre partys par les foussés de la dicte ville et que par le rapport de gens d’insustrye…elle peut estre appropries et faire navigable et porter gros batteaulx personnes, biens et marchandises… »
Voilà les premières lignes des lettres patentes en date du 1 er août 1539 qui autorisaient les habitants de la ville de Rennes à rendre la Vilaine navigable jusqu’à Messac pour rejoindre par Redon le golfe de Gascogne…
C’était le temps où les Etats de Bretagne voulaient faire de leur province, par la navigation intérieure, « le centre commun des nations commerçantes de l’Europe »…
Aujourd’hui inscrit dans cette histoire et dans cette mémoire c’est à un autre voyage qu’on est convié. Bravo pour cette initiative où la Bretagne sait se souvenir de ses futurs…
Vendredi 23 Juillet 2010 - 13:19