[International]
Dans le cadre de la semaine des solidarités internationales, l'association Amitiés kurdes de Bretagne et la maison des mondes ont invité l'écrivain Gérard Chaliand spécialiste des conflits armés pour une conférence. Une semaine qui s'achève par un marché du monde solidaire dimanche 27 novembre.
Il a le crâne lisse de celui qui a roulé sa bosse un peu partout dans le monde. L'écrivain Gérard Chaliand est un aventurier, mais également un spécialiste des conflits armés et du droit des minorités. Vendredi 25 novembre, il intervient à l'auditorium de la maison internationale de Rennes sur un thème d'actualité: "terrorisme, lutte armée, résistance". Une conférence organisée dans le cadre de la semaine des solidarités internationales (lire le programme) par l'association Amitiés kurdes de Bretagne.
«La question kurde est un des grands scandales historiques du XXe siècle, déplore cet ancien maître de conférence de l'Ena. Dès 1924, Atatürk déclare que la Turquie est le pays des seuls Turcs, excluant de fait les Kurdes. Jusqu'en 1991, il n'existe officiellement pas de Kurdes en Turquie alors qu'à l'époque on les estimait à 6 ou 8 millions.»
Il faudra attendre la première guerre du Golfe pour qu'ils obtiennent un début de reconnaissance. La région du Kurdistan s'étend alors sur 530 000 km2, à cheval entre la Turquie, l'Irak, l'Iran et la Syrie. Une situation géostratégique importante.
La vente de Kilims au profit d'un village kurde
Depuis plus de 15 ans, l'association rennaise Amitiés kurdes de Bretagne, interpelle l'opinion publique sur l'oppression que subit ce peuple. André Métayer auteur du film "Je reviens d'un pays qui n'existe pas" en est à l'origine. «Nous connaissons de près leur souffrance. Des maires sont en prison depuis plus de deux ans, rappelle-t-il. Nous demandons qu'ils soient respectés en tant que citoyens de la Turquie au même titre que les Turcs.»
Un message qu'il s'évertue à répéter auprès des élus locaux et repris, à Rennes, par la municipalité qui entretient des relations privilégiées avec Diyarbakir, la capitale du Kurdistan Turc, au sud-est du pays. Du 19 au 22 octobre dernier, une délégation rennaise emmenée par le maire Daniel Delaveau, s'est rendue sur place pour soutenir politiquement le maire kurde, Osman Baydemir, assigné à résidence depuis 2009 et pour faire avancer le projet de rénovation d'un quartier de la vieille ville.
En Ille-et-Vilaine, ce soutien passe également par la vente de Kilims, les tapis turcs, provenant directement d'Hakkari, «un village situé au cœur de la zone des combats», indique André Métayer. «Il a été incendié par l'armée pour créer un no man's land. Les femmes ont tout perdu.» Pour survivre, elles ont créé un atelier de tissage. C'est cette production qu'André et les membres de l'association vendent sur les étals. Ils seront présents dimanche 27 novembre sur le marché du monde solidaire organisé halle Martenot. L'occasion de découvrir un artisanat exigeant: il faut 20 jours pour tisser 1 mètre carré!
DP
•Vendredi 25 novembre, 20h à la maison internationale de Rennes: conférence sur Terrorisme, lutte armée et résistance, avec l'écrivain Gérard Chaliand.
•Dimanche 27 novembre, de 11h à 19h, halle Martenot, place des Lices: le marché du monde solidaire.
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