[Culture, Loisirs, Accueil]
«Il était une fois, une fois». Ainsi pourrait commencer cette très belge édition de Travelling consacrée à la belle Bruxelles du 7 au 14 février. L’occasion de visiter la ville en longs et en courts. De constater aussi que la ville au Manneken Pis est plus que jamais portée sur la bobine. Gros plan.
Si on le surnomme parfois le plat pays, son cinéma est quant à lui tout en relief. Wallonne ou Flamande, Marocaine ou Brabançonne, sa capitale Bruxelles est même sur la toile, vallonnée par monts et par Lucas Belvaux, par les frères Dardenne ou encore par le boulimique Bouli Lanners.
Avec son physique à la Michel Simon, le comédien scénariste metteur en scène réalisateur natif de Plombières illustre d’ailleurs à merveille le «paradoxe bruxellois»: cité des histoires tristes à mourir de rire, la capitale belge est aussi celle des drôles de drames. Des drôles de trams, même, pour rebondir sur l’affiche du festival. 
Illustration avec le Travellinckx du même Bouli Lanners, court-métrage à l’humour noir et blanc et à l’arrière-goût de bonbon à l’amiante: le cadre est presque documentaire, un homme lit une lettre d’adieu à son père. Condamné par un radiateur électrique, par la poussière du diable donc, il n’en a plus pour très longtemps. Plus triste, tumeur… En compagnie du réalisateur embarqué à bord, le voilà parti sur les routes Ardennaises.
Passager privilégié de ce road movie sur les routes du «Mississipi belge», le spectateur enfile les virages, de moments de tristesse irradiée en scènes franchement radieuses. Puis la radio annonce l’évasion de Marc Dutroux. Nous touchons le fond avec Didier, le personnage principal du film qui ne cesse de s’écrier «j’ai honte d’être Belge, j’ai honte d’être Belge!» Pris d’une bouffée de colère héroïque, notre chauffeur déprimé se transforme subitement en chasseur de primes. Pour la petite histoire belge, le célèbre tueur pédophile sera repris et notre protagoniste agonisant aura toutes les peines du monde à se remettre de ce rendez-vous manqué avec la gloire: «j’aurais mille fois préféré mourir en capturant Marc Dutroux. Mourir à cause d’un radiateur électrique…»
Mais qu’est-ce que c’est que cette bintje!
Clair obscur ouvre donc sa fenêtre sur le 7e art belge, modeste et populaire, plein de bon humour et de mauvaise humeur. Sur une capitale où le peuple est le plus beau des monuments à visiter. Sur un cinéma souvent pas politiquement correct, où l’intellect se situe le plus souvent dans les tripes.
Avec une quarantaine de films à l’affiche, une dizaine de courts métrages pour défricher, des portraits de réalisateurs (Jaco Van Dormael, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Bouli Lanners, Olivier Masset-Depasse…), un gros plan sur le cinéma d’animation belge, une carte blanche au cinéma Nova et des excursions dans le domaine de la photographie ou des musiques actuelles belges, l’équipe de Travelling nous a concocté une édition au goût de chou de Bruxelles à la crème. Les personnalités locales en vue peuvent d’ailleurs déjà se cacher, l’entarteur Noël Godin a déjà confirmé sa venue.
Jean-Baptiste Gandon
Travelling Bruxelles, du 7 au 14 février, Le Liberté et autres lieux de Rennes Métropole.
Toute la programmation et les infos pratiques sur www.clairobscur.info
vos réactions à cet article - 0 réaction