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Mise à jour : 30/11/2011

L’inamovible boucherie-charcuterie va disparaître

Photos Stéphanie Priou
Photos Stéphanie Priou

Portrait. Lorsque Lucien Ferré partira, il n’y aura vraisemblablement personne pour prendre la relève. «C’est malheureux, il y a toujours eu une boucherie-charcuterie ici, l’emplacement est idéal», fait remarquer le boucher-charcutier-traiteur qui a ouvert boutique il y a près de seize ans.


Située à l’angle de la rue de Dinan et de la rue Legraverend, sa boucherie est connue et appréciée dans tout le quartier. «C’est la dernière, toutes les autres ont fermé depuis longtemps.» Lorsque Lucien Ferré emménage le 1er avril 1996, il en est à sa troisième affaire, «onze ans passés rue Saint-Malo, puis treize à Betton». Il prend la suite d’un confrère resté dans sa boutique pendant trente-cinq ans, toute une vie professionnelle!

Car cette boucherie-charcuterie a une histoire. Elle existait déjà avant la guerre. En 1944, une bombe la détruit complètement. «Les patrons d’alors se sont planqués dans le labo, au sous-sol, la bombe est tombée et a tout explosé. Ils ont eu une chance miraculeuse de s’en sortir.» Reconstruit en 1948 dans un style moderniste avec des angles en arrondi et une vaste terrasse à deux niveaux, l’immeuble a été répertorié dans la revue “Bretagne, un siècle d’architecture”. 


Lucien Ferré dans sa boutique, rue Legraverend 


«Pendant quatre ans, jusqu’en 1948, le boucher a fait commerce dans le garage attenant. A l’époque, il n’y avait pas de service d’hygiène!» C’est tout différent aujourd’hui: «J’ai un beau labo, mais les normes d’hygiène sont devenues si draconiennes que j’aurais des travaux à engager si je parvenais à céder mon fonds de commerce». Un comble!

En attendant, Lucien Ferré satisfait une clientèle nombreuse. Alors, pourquoi cette absence de repreneur? «Je ne comprends pas, je ne pensais pas que ça aurait fini comme ça, c’est sans doute la conjoncture.» Ses clients pressent pourtant Lucien Ferré de rester en place. Mais lui estime avoir fait son temps. Quand partirez-vous? «Courant 2012 certainement, mais j’ai encore l’espoir de trouver quelqu’un!»


Jérôme Méar
photo Stéphanie Priou

Le Bec fin, 25 rue Legraverend, 02 99 30 61 02


vos réactions à cet article - 1 réaction

BENFERHAT

« Considérans que la ripvière de vislaigne passe partys par le mellieu de la dicte ville de Rennes et l’autre partys par les foussés de la dicte ville et que par le rapport de gens d’insustrye…elle peut estre appropries et faire navigable et porter gros batteaulx personnes, biens et marchandises… »

Voilà les premières lignes des lettres patentes en date du 1 er août 1539 qui autorisaient les habitants de la ville de Rennes à rendre la Vilaine navigable jusqu’à Messac pour rejoindre par Redon le golfe de Gascogne…

C’était le temps où les Etats de Bretagne voulaient faire de leur province, par la navigation intérieure, « le centre commun des nations commerçantes de l’Europe »…

Aujourd’hui inscrit dans cette histoire et dans cette mémoire c’est à un autre voyage qu’on est convié. Bravo pour cette initiative où la Bretagne sait se souvenir de ses futurs…

Vendredi 23 Juillet 2010 - 13:19


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