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Portrait. Lorsque Lucien Ferré partira, il n’y aura vraisemblablement personne pour prendre la relève. «C’est malheureux, il y a toujours eu une boucherie-charcuterie ici, l’emplacement est idéal», fait remarquer le boucher-charcutier-traiteur qui a ouvert boutique il y a près de seize ans.
Située à l’angle de la rue de Dinan et de la rue Legraverend, sa boucherie est connue et appréciée dans tout le quartier. «C’est la dernière, toutes les autres ont fermé depuis longtemps.» Lorsque Lucien Ferré emménage le 1er avril 1996, il en est à sa troisième affaire, «onze ans passés rue Saint-Malo, puis treize à Betton». Il prend la suite d’un confrère resté dans sa boutique pendant trente-cinq ans, toute une vie professionnelle!
Car cette boucherie-charcuterie a une histoire. Elle existait déjà avant la guerre. En 1944, une bombe la détruit complètement. «Les patrons d’alors se sont planqués dans le labo, au sous-sol, la bombe est tombée et a tout explosé. Ils ont eu une chance miraculeuse de s’en sortir.» Reconstruit en 1948 dans un style moderniste avec des angles en arrondi et une vaste terrasse à deux niveaux, l’immeuble a été répertorié dans la revue “Bretagne, un siècle d’architecture”. 
Lucien Ferré dans sa boutique, rue Legraverend
«Pendant quatre ans, jusqu’en 1948, le boucher a fait commerce dans le garage attenant. A l’époque, il n’y avait pas de service d’hygiène!» C’est tout différent aujourd’hui: «J’ai un beau labo, mais les normes d’hygiène sont devenues si draconiennes que j’aurais des travaux à engager si je parvenais à céder mon fonds de commerce». Un comble!
En attendant, Lucien Ferré satisfait une clientèle nombreuse. Alors, pourquoi cette absence de repreneur? «Je ne comprends pas, je ne pensais pas que ça aurait fini comme ça, c’est sans doute la conjoncture.» Ses clients pressent pourtant Lucien Ferré de rester en place. Mais lui estime avoir fait son temps. Quand partirez-vous? «Courant 2012 certainement, mais j’ai encore l’espoir de trouver quelqu’un!»
Jérôme Méar
photo Stéphanie Priou
Le Bec fin, 25 rue Legraverend, 02 99 30 61 02
vos réactions à cet article - 3 réactions
Laurence Pailhès
Donc voici l'adresse du bistrot la quincaillerie générale
15 rue Paul Bert à Rennes.
Dimanche 12 Septembre 2010 - 22:18
anne marie bacle
je suis très heureuse pour lui, il l'a largement mérité. si on avait l'adresse du bistrot-théâtre, cela serait encore mieux. vite!
Dimanche 05 Septembre 2010 - 10:55
Philippe Pallu
Rodrigue est le mari de ma fille Laurence et le papa de mes petits enfants. J'ai beaucoup de respect pour ses choix de vie, pas faciles, mais assumés avec courage et détermination. Je suis heureux de le voir aujourd'hui dans sa nouvelle entreprise qui correspond bien à sa personalité et à celle de Laurence. Je souhaite de tout mon coeur longue vie à la Quincaillerie Générale.
Dimanche 05 Septembre 2010 - 09:57