Une passerelle vers l’école
Le groupe scolaire Jacques Prévert, dans le quartier Bréquigny, accueille les petits bouts de deux ans dans une classe pas tout à fait comme les autres. Ici, pas de vestiaire dans le couloir, mais un sas d’accueil où les parents peuvent prendre le temps de déshabiller leur enfant, ou, autour d’une table basse, prendre un café entre eux ou avec l’équipe éducative.
« Ce n’est pas anodin de laisser pour la première fois son enfant à l’école maternelle », explique Corinne Coudron, enseignante. « C’est toujours un moment chargé d’émotion », complète Dominique Bouvet, éducatrice de jeunes enfants, détachée de la Caf. Si pour beaucoup de parents, cette étape se fait plutôt naturellement, pour d’autres, ayant mal vécus l’école, en rupture sociale, ou encore ayant une relation fusionnelle avec leur enfant, c’est un passage qui peut s’avérer difficile. « Aider à la première vraie séparation avec les parents est l’objectif premier de cette classe passerelle. »
Ce sont les parents, souvent orientés par la PMI, le CDAS ou les centres sociaux, qui décident, après discussion avec l’équipe éducative (qui comprend aussi Nathalie Duval, Atsem), d’inscrire leur enfant dans la classe passerelle, qui compte quinze élèves maximum. La transition se fait ici en douceur. Au début, les parents peuvent rester une heure dans la salle, un temps qui diminue progressivement. Ils sont aussi sollicités pour participer régulièrement à des activités : la gym, la lecture, l’atelier-peinture… « Cela leur permet de voir concrètement ce que l’enfant fait à l’école et de le voir évoluer. »
Ils peuvent aussi rencontrer l’équipe éducative. Pour l’enfant, c’est un temps privilégié pour se séparer en douceur de ses parents, apprendre les règles d’une vie en groupe, s’approprier peu à peu l’école. Après quelques semaines ou quelques mois, il rejoint ses petits camarades de petite section première année, qu’il aura déjà rencontrés, lors d’un goûter ou d’activités d’éveil.
Ouverte 2004 à titre expérimental pour trois ans, elle l'est encore à la rentrée 2007, le temps pour les trois partenaires, Education nationale, Caf et Ville de Rennes, d’en tirer tous les enseignements et de la pérenniser, ou non, et le cas échéant, avec quels financements.
Monique Guéguen
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