Que faire des boues, ces résidus organiques issus du traitement des eaux usées? La question se pose dans toutes les grandes métropoles.
Depuis 2008, les boues sont traitées sur trois sites extérieurs à l’agglomération (Lamballe, Cornillé et Sablé-sur-Sarthe). Une fois la nouvelle usine sortie de terre, elles seront traitées sur place. Cette solution autonome supprimera les nuisances liées au transport et aux odeurs.
Les services techniques ont retenu la filière de traitement réputée pour être la plus efficace, en particulier pour la valorisation des boues. Cette technologie innovante est désignée couramment par le terme d’oxydation par voie humide (OVH). Rennes fera ainsi partie du club restreint des villes européennes ayant adopté cette solution. Avec Milan, Bruxelles, Aix-en-Provence et Epernay. En France, l’usine de Beaurade sera la plus importante du genre.
Techniquement, l’OVH est un procédé thermique permettant la destruction de la matière organique par réaction d’oxydation sous haute température (250°) et haute pression (40 à 50 bars). Le procédé transforme les boues en gaz, liquides et résidus ultimes. En amont, la phase de « digestion » permet de réduire le volume de matière organique. L’opération génère la production d’un gaz riche en méthane. Au bout de la chaîne, le procédé de cogénération permet de convertir le gaz en énergie électrique qui servira en partie à satisfaire les besoins énergétiques du site.
En parallèle, les liquides seront réinjectés dans l’usine d’épuration pour y être à nouveau traités, avant d’être rejetés dans le milieu naturel. Récupérés sous forme de sable, les résidus ultimes issus de l’opération de traitement des boues, «inertes, stables et minéraux», pourront quant à eux être valorisés à d’autres fins, en particulier dans les travaux publics.
Le budget global consacré à la réalisation de la nouvelle usine de traitement des boues d’épuration a été fixé à 33 M€. Déduction faite des recettes récupérées grâce la revente d’électricité à EDF, le coût d’exploitation de la nouvelle infrastructure est quant à lui estimé à 5,5 M€ durant les trois premières années. Livraison de la nouvelle usine, fin 2012.
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