Portraits de 6 rennaises à travers les propos qu'elles ont bien voulu nous livrer en réponses aux questions suivantes :
1) Le droit de vote : il a permis aux femmes de s’exprimer de manière officielle, d’entrer dans la vie sociale, d’exprimer leurs désirs. Il y a eu aussi beaucoup de progrès dans les mentalités. Les femmes ont la liberté de faire des choix, d’être indépendantes, elles sont respectées.
2) Obtenir l’égalité salariale, à poste égal. Je pense aussi que les femmes au foyer manquent de reconnaissance sociale. Personnellement, cela ne veut pas dire que j’attends mon mari toute la journée en lui mijotant des petits plats. Et puis, je me sens profondément mère. Porter des enfants, allaiter, c’est une chance. Pourquoi le rejeter ? Il ne faudrait pas croire que la liberté, c’est se dégager de la maternité.
3) Non, je me sens plus humaniste. Je ne suis pas pour les luttes féministes acharnées trop provocantes. Cela ne devrait pas être les outils d’une femme, qui gagnerait à développer ses qualités de sensibilité, d’écoute, de respect. De même que cela me gêne qu’une femme puisse décider seule d’une maternité ou d’un avortement. Je pense que cela dénature la femme de vouloir ressembler à l’homme pour devenir son égal. Mieux vaut une égalité dans la différence, en affirmant notre féminité.
1) Au XXe siècle : le développement de la contraception. Au XXIe siècle : la reconnaissance de la capacité des femmes à exercer des responsabilités. Je me réjouis de voir des femmes, élues, présider les destinées de très grands pays. Elles sont passées d’un statut d’objet à un statut de sujet responsable.
2) Les femmes du monde entier restent malheureusement les premières victimes des violences, des conflits, de la pauvreté. Il faudrait davantage libérer l’accès à l’éducation pour elles et, par endroits, les affranchir de certaines coutumes. L’arrivée de femmes féministes au pouvoir, comme au Libéria et au Chili constitue un espoir.
3) Oui et je l’ai toujours revendiqué. Aujourd’hui, rien n’est acquis. Le fondamentalisme religieux pourrait prendre le pas sur les droits obtenus par les femmes. En tant que féministe, je défendrai bec et ongles la loi de 1905 sur la laïcité.
1) Le droit à l’avortement. Il a permis aux femmes de choisir comment disposer de leurs corps. Ce qui m’interpelle, c’est que ce droit n’est même pas acquis dans toute l'Europe : au Portugal ou en Irlande, par exemple.
2) L’égalité salariale. Il faudrait aussi faire de gros efforts dans l’éducation des enfants : les jouets pour garçons et pour filles véhiculent trop de clichés. Ce qui me désole également, c’est la publicité sexiste qui donne l’impression que les femmes se déshabillent sur commande. Enfin, on manque encore d’information sur la contraception. Etonnement, le sujet reste tabou pour les parents.
3) Oui. Tant qu’il y aura des inégalités entre hommes et femmes. Il faut être combative, revendiquer, sinon la société se fait sans nous ! Je viens d'adhérer à un parti politique : j’ai été étonnée de voir que la cause féminine était la dernière des préoccupations.
1) La scolarisation des filles, le droit de vote, la contraception et l’avortement. En étant scolarisées, les femmes ont quitté l'ignorance et la soumission. En votant, elles n’ont fait qu’obtenir une égalité que la Déclaration des droits de l’Homme leur avait promise 155 ans plus tôt ! Avec la contraception et l’avortement, les femmes ont gagné une sexualité plus libre et une meilleure santé.
2) Mettre les lois en œuvre ! Dans notre pays, la législation est plutôt complète. Le gros souci, c’est son application. On parle actuellement d’égalité salariale… Les lois d’Yvette Roudy, qui l’instaurent, ont plus de 25 ans et la précarité de l'emploi de nombreuses femmes perdure. Il faut aussi un meilleur partage des responsabilités parentales et des charges domestiques largement assumées par les femmes. L'égalité des filles et des garçons doit être enseignée dans les écoles.
3) Formidablement féministe, sans réserve ! Le féminisme a été, pour moi, une force collective et une aide dans ma construction personnelle. On a malheureusement moqué les formes du féminisme, car on voulait cacher le fond, qui constitue des revendications infiniment légitimes. On ne peut pas être démocrate et ne pas être féministe.
1) Inévitablement le droit à l’avortement. Pendant la seconde guerre, nous avons été beaucoup à avorter clandestinement. Comment élever seule tous les enfants ? C’était une souffrance morale et physique abominable. Les années ont fait gagner aux femmes la reconnaissance. Pendant la guerre, elles étaient les petites mains ; dans la Résistance, elles étaient dans l’ombre ; au travail, elles n’étaient pas reconnues. Peu à peu, cela change…
2) Que l’homme daigne enfin reconnaître la femme comme son égal. Je me souviens de la première fois où je suis allée voter, en 1945. Mon mari m’a dit : « Tu aurais pu me demander mon avis ! » C’est tout bête, mais aujourd’hui, quand vous faites faire un devis, si vous êtes une femme, ce sera plus cher. Comme s’ils nous prenaient pour des imbéciles !
3) Petite, il était naturel que mon frère fasse du sport et moi de la couture. D’ailleurs, quand je vois un homme repasser ses chemises, instinctivement, je tique encore. Alors pour être féministe, le chemin a été long… Mais oui, je le suis. Nos droits ne sont jamais acquis. Il faut continuer à lutter !
1) Le droit de vote. Sinon on évoluerait dans un monde d’hommes, fait par des hommes et pour des hommes. Homme ou femme, on doit d’abord se sentir citoyen.
2) Obtenir le droit d’allier travail et maternité. Il faudrait allonger la durée du congé maternité, établir un congé parental équitable entre hommes et femmes. Les compétences acquises en élevant un enfant comptent aussi ! Je pense également à toutes les salariées qui n’osent prendre l’heure quotidienne à laquelle elles ont droit, la première année de leur enfant, pour allaiter : pourtant, c’est inscrit dans le Code du travail.
3) Oui, depuis toujours. Parce que j’ai envie d’avoir les mêmes droits que mes concitoyens hommes. J’ai beaucoup d’admiration pour le mouvement Ni putes ni soumises. Et puis, je suis féministe par respect pour celles qui se sont battues pour acquérir nos droits actuels. A nous de bosser pour nos filles...
vos réactions à cet article - 2 réactions
Aline Portanier
Juste dire à Nathalie Lelièvre
Le Féminisme : c'est l'Humanisme .
Le Féminisme : c'est la Vérité.
Le Féminisme : c'est la Dignité.
Le Féminisme : c'est la Maturité .
Le Féminisme : c'est la Lucidité.
Le Féminisme : c'est la Vie.
Il faut lire des livres féministes,ça évite de dire des bétises.
Aline Portanier
Samedi 18 Décembre 2010 - 02:57
Poquet Anne
On peut observer qu'en matière de droits des femmes rien n'est acquis, l'histoire est capable d'avancées mais aussi de terribles retours en arrière. Le féminisme n'est pas une "maladie honteuse"ni un mot obscène, c'est le caricaturer que de le réduire " à des luttes acharnées trop provocantes"! Un peu comme de se tirer une balle dans le pied..! De l'honnêteté intellectuelle ne nuirait pas vis-à-vis de ces petites lâchetées qui au quotidien peuvent fragiliser bon nombre d'avancées en matière de droits des femmes... Alors S.V.P un peu de fierté !!!
Mardi 19 Février 2008 - 17:22