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Mise à jour : 14/05/2009

Le billet de Gilbert Lebrun

Le mythe va encore durer

1965 et 1971, c’était avant tout mon enfance et mon adolescence et des années où le foot me passionnait plus qu’aujourd’hui. 1965, c’est sûrement mon équipe fétiche, celle dont je peux encore citer la composition par coeur : les Lamia, Cédolin, Loncle, Ascensio, Rodighiero,... sont sans doute ceux que j’ai vu le plus jouer, quand mon père, gardien de la paix, parfois de service au match, me faisait rentrer au stade. Au bénéfice de ma petite taille, on me laissait me faufiler en bas des tribunes côté Vilaine, le nez contre le grillage avec vue imprenable au ras du terrain.


De la finale contre Sedan, j’ai des images par procuration, par télé interposée : le cochon Rodrigue narguant le sanglier des Ardennes sur la pelouse de Colombes, les buts, la coupe brandie par des Rennais pour la première fois. Sur la folie qui a suivi à Rennes, au retour des joueurs, j’ai toujours un doute : y étais-je ou était-ce plutôt celle de 71 , celle où j’avais aussi mes héros : évidemment Marcel Aubour, le charismatique gardien, notre supplément d’âme méridional en terre bretonne ;  Kéruzoré qui symbolisait pour moi le football «intelligent» et Alain Cosnard dont j’aimais à la fois la modestie et l’efficacité.

La curiosité de l’édition de 71, c’est qu’on se souvient surtout de la demi-finale complètement folle contre Marseille. Là, je suis sûr d’avoir été présent, dans les «virages», toujours côté Vilaine. Un match fou, avec un suspense haletant comme savent en produire parfois les rencontres sportives. Les fameux «pénos» arrêtés par Marcel, la foule en délire qui enjambe les grillages et envahit la pelouse.

Quoi qu’il arrivât, Rennes avait déjà gagné : la finale contre Lyon apparut comme secondaire. La coupe à nouveau ramenée en Bretagne, ce fut une seconde folie dans les rues de la ville. Les anciens disaient qu’ils n’avaient pas vu ça depuis la Libération. Aujourd’hui, le foot me plaît moins. Trop de tout: trop d’argent, trop d’enjeux, trop de frime. Je vais encore au stade, une fois ou deux dans l’année. Avec toujours un sentiment partagé : le plaisir de retrouver une ambiance, des cris, des odeurs (ah !, la galette-saucisse) et l’irritation de constater que chauvinisme et bêtise sont toujours bien présents dans les stades. Pourtant, il n’y a rien à faire, le stade Rennais, même à distance, ça reste toujours quelque chose, sans doute une part d’enfance. La preuve : il n’y a pas un lundi, même en vacances, où je ne me surprends pas à m’informer sur ce qu’ils ont fait en championnat.
A bien réfléchir, je suis peut-être un petit peu chauvin !
Gilbert Lebrun

Le retour des joueurs en 1965

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