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Mise à jour : 02/10/2008

Portraits de maires

Toussaint Rallier du Baty (1765-1735)


Rallier du Baty a été maire de Rennes de 1695 à 1734. 39 ans à la tête de la communauté de ville, un record inégalé à ce jour.

L’incendie de Rennes, survenu en décembre 1720, est évidemment l’événement qui marqua cette période. Le maire eut à prendre des mesures pour reloger les sinistrés et, même si la reconstruction de la ville était du ressort de l’intendant, représentant du roi, il fit assez entendre la voix du conseil de ville et ses désaccords avec Robelin pour que celui-ci soit remplacé par Gabriel.

En 1721, le 23 mai, il fit prendre une délibération importante pour l’organisation des secours en cas d’incendie. C’est encore sous son mandat que les rues du centre reconstruit furent dénommées (rue de Toulouse, rue Royale, rue de Rohan, rue Duguesclin…). Il meurt en fonction le 25 mars 1734.

Yves de La Motte-Fablet (1745-1828)


Né en Saint-Germain de Rennes en 1745, Yves-Vincent Fablet de La Motte, dit de La Motte-Fablet, était le fils d’un avocat au Parlement et le neveu par alliance du célèbre jurisconsulte Augustin Poullain du Parc.

L’intendant de Bretagne Caze de La Bove avait obtenu pour Rennes une réorganisation de la municipalité, à la tête de laquelle siègeait un « maire électif », nommé par le roi. La Motte-Fablet en est le premier titulaire en 1780. Il est réélu de deux ans en deux ans, jusqu’en 1788. Son action se porte sur l’urbanisme : démolition de la porte aux Foulons et son boulevard, réorganisation de l’éclairage public et assainissement de la cité.

Anobli par Louis XVI en 1788, sa modération le porte à soutenir la cause royale avant de se rallier au projet de soulèvement de La Rouërie. Mis en garde à vue, il parvient à s’enfuir et à émigrer à Jersey, tandis que sa famille est jetée en prison. Enrôlé dans la compagnie bretonne du prince de Léon, il rentre à Rennes au début de la Restauration et obtient une pension. Chevalier de Saint-Michel et de la Légion d’honneur, il meurt à Rennes en 1828.

Louis du Plessis de Grénédan (1767-1842)


Louis du Plessis, comte de Grénédan, était issu d’une des plus anciennes familles de la noblesse bretonne, qui compta de nombreux magistrats au Parlement de Bretagne. Après de brillantes études au collège de Pontlevoy, il est reçu conseiller au Parlement en 1787.

Esprit ouvert, il adhère aux idées nouvelles et s’oppose en 1788 à un arrêt de la Cour exigeant des preuves de noblesse pour les nouveaux magistrats. En 1789, il prend ouvertement le parti du Tiers, ce qui lui vaut d’être honoré sur la place publique d’une couronne civique. Elu par ses concitoyens maire de Rennes en 1792, il n’a de cesse de lutter contre la violence, de protéger les prisonniers et les proscrits, et de résister aux sociétés populaires. Menacé d’arrestation par Carrier, qui met sa tête à prix, il est destitué en août 1793 et doit se cacher pour avoir la vie sauve. Il peut reparaître en décembre 1794, et lutter pour retrouver ses biens confisqués.

Elu député en 1815, ses opinions avaient évolué vers l’ultra-royalisme. Il se rend impopulaire par ses propositions de loi en faveur de l’ordre moral. Il est cependant constamment réélu député jusqu’en 1830, date à laquelle il démissionne pour n’avoir pas à prêter serment à Louis-Philippe.

Jean Leperdit (1752-1823 )


Jean Leperdit ne fut maire de Rennes que de février 1794 à octobre 1795, mais il occupe une grande place dans la mémoire collective rennaise. Né dans le Morbihan, il s’installe à Rennes dans les années 1780 comme revendeur, puis comme maître-tailleur à l’angle de la place Sainte-Anne et de la rue d’Echange.

Il est resté célèbre pour s’être opposé à Carrier en déchirant notamment une liste de condamnés à la guillotine. Si cet épisode est peu vraisemblable, il est certain que nommé maire quelques mois plus tard, Leperdit a eu un rôle modérateur. Révolutionnaire convaincu, il oblige les religieuses à prêter serment sous peine d’incarcération et refuse des certificats de civisme à certains fédérés. Mais il se soucie du sort des prisonniers et s’emploie à adoucir les effets de la Terreur à Rennes.

Après Thermidor, il est conforté dans son fauteuil de maire, sous les applaudissements des Rennais assemblés. Il laisse sa place en octobre 1795, mais siège jusqu’à sa mort dans presque tous les conseils municipaux. Pendant tout le XIXe siècle, il incarnera la République juste et modérée. Sa statue s’élève, après bien des péripéties, place du Champ-Jacquet.

Auguste Poulin (1829-1921)


Après des études de droit, il débute une carrière administrative en entrant en 1852 aux Ponts-et-Chaussées. L'année suivante, il passe au ministère de l'Intérieur et mène l'essentiel de sa carrière comme sous-préfet, puis préfet. Trésorier-payeur général d'Ille-et-Vilaine en 1880, il prend sa retraite à Rennes en 1890 et se lance alors dans la politique.

Elu conseiller municipal en 1892, il se représente en 1896 sous l'étiquette de radical modéré et s'assied dans le fauteuil de maire de Rennes le 18 mai. Il accueillera dans sa ville le président de la République, Edgard Faure, qui le décorera de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Mais sa candidature aux sénatoriales ayant été écartée, il démissionne et est remplacé le 2 août 1897 par son ancien adjoint Auguste Lajat. Le bilan de son court mandat et de celui de son prédécesseur n'étaient pourtant pas négligeables : construction de lignes de tramway, d'écoles, de ponts, alimentation en eau de deux quartiers, agrandissement des locaux universitaires.

Jean Janvier (1859-1923)


Fils d’un ouvrier, compagnon du Devoir, Jean Janvier était devenu grâce à son travail et à son énergie un gros entrepreneur. Il fut, de 1908 à 1923, un maire populaire, ambitieux et énergique, soucieux d’améliorer les conditions de vie de ses concitoyens Ses réalisations furent nombreuses : réorganisation de l’administration municipale et réaménagement de l’hôtel de ville, politique de construction d’écoles (Quineleu, Liberté…), d’infrastructures diverses (piscine Saint-Georges, halles centrales…), le tout en collaboration avec l’architecte Le Ray.

Pendant la guerre de 1914-1918, il organisa avec efficacité et dévouement les secours de guerre. Quand il meurt brusquement en 1923, il laisse derrière lui une oeuvre importante qui permettra à Rennes de s’imposer comme capital économique et intellectuelle de la Bretagne.

Henri Fréville (1905-1987)


Agrégé d’histoire, Henri Fréville arrive à Rennes en tant que professeur en 1932. Prisonnier en Allemagne, il rentre en 1943 et entre dans la Résistance. A la Libération, il est nommé directeur régional de l’information. Enseignant à l’université dès 1949, il obtient la chaire d’histoire économique et institutionnelle après avoir soutenu en 1952 une grande thèse sur L’intendance de Bretagne 1689-1790.

Elu maire en 1953, il le restera jusqu’en 1977. Ses mandats municipaux ont coïncidé avec une période de croissance démographique sans précédent pour la ville. Il a su accompagner cette expansion en planifiant l’urbanisme (rénovation de la rue de Brest, aménagement du ZUP, création de réserves foncières…), en favorisant le développement économique (installation de l’usine Citroën à la Janais) et l’essor de l’enseignement supérieur et en ouvrant la ville sur l’extérieur par une politique dynamique de jumelages. Il fut aussi président du conseil général et sénateur d’Ille-et-Vilaine.


Lire aussi le dossier sur les maires de Rennes dans la rubrique Histoire de Rennes

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