[Accueil, Culture, Loisirs]
Une vingtaine de vitraux représentant des plats –ou plutôt des compositions culinaires !- sont à découvrir à l’office de tourisme. Son nom, « le beau geste », est autant un hommage à la grande cuisine qu’aux arts plastiques…
Il est mieux connu pour son restaurant trois étoiles à Paris, l’Arpège, que pour ses œuvres à base de collages. Mais Alain Passard, véritable rock star de la cuisine, est un artiste complet: «Il intervient sur plusieurs registres : cuisine, écriture, collages et même bande dessinée (ndr.: lire la BD de Christophe Blain). Il est rare de savoir lier ces modes d’expressions.» Voilà pour les louanges prononcées lors du vernissage par Dominique Irvoas-Dantec, directrice de l’office de tourisme.
Les vitraux exposés ont été réalisés à partir de collages du chef. Citant son goût pour les couleurs, il estime que la cuisine doit mettre nos cinq sens en valeur: «j’ai toujours aimé dessiner mes plats. Je mets de côté des bouts de papiers dont j’aime la couleur ou la texture, et je commence à coller.» Le résultat, simple et très graphique, a servi de support à l’atelier Lux Maxima.
"Pas du tout un travail classique"
«Ce n’était pas du tout un travail classique, expliquent les maîtres verriers Anne Ellul et Helder Da Silva. La palette dont on dispose en vitrail n’était pas assez riche: il a fallu fabriquer nos couleurs en émail, c’était très aléatoire mais enrichissant.» Le point commun entre les vitraux et la cuisine : l’art du feu. Alain Passard est en effet un fameux rôtisseur, comme nous l’apprend un article publié cette semaine dans Le Monde.
Les maîtres verriers Anne Ellul et Helder Da Silva
Né à La Guerche-de-Bretagne (une ville «dans la banlieue de Rennes», selon le mot de Daniel Delaveau), le chef a lancé un surprenant éloge de Rennes : «C’est l’endroit au monde où je me plais le plus. Il y a une grâce dans cette ville, c’est aussi une ville gourmande et pleine d’élégance.» Dans la chapelle Saint-Yves, lieu patrimonial symbolique, les vitraux «civils» (par opposition à l’art religieux) rejoindront après l’exposition l’une des propriétés du cuistot dans la Sarthe. 
A défaut de pouvoir s’offrir un déjeuner à l’Arpège, cette exposition inédite est visible jusqu’au 11 mars, et vaut vraiment un petit détour.
CR
Photos Caroline Ablain
vos réactions à cet article - 0 réaction