Laurence Bothé, animatrice locale d'insertion: « Un rôle d'aide et de conseil »
Comment vivre avec 381 € par mois ?
Cette question obsède tous les bénéficiaires du RMI. Invariablement, Laurence Bothé leur formule la même réponse : quitter au plus vite le dispositif.
« C’est ma mission première : accueillir et accompagner les allocataires du RMI dans leur insertion socioprofessionnelle. Pour retrouver un emploi, une formation, une reconversion et, in fine, l’autonomie financière ».
Rennes compte près de 5 500 bénéficiaires du RMI : en poste depuis deux ans à l'antenne CCAS de Rennes Centre, Laurence suit 270 d’entre eux. Parmi eux, de nombreux SDF et beaucoup d’artistes. « Pour des raisons de découpage géographique. Ailleurs, ce sont des familles monoparentales, des jeunes sans qualification ou des personnes d’origine étrangère ». A raison de six entretiens par jour, la précarité s’installe à son bureau. Pour certains, il lui suffira de préciser où les jeunes créateurs d’entreprise déposent leur dossier. Pour d’autres, il faudra sonder les envies latentes et les besoins mal formulés. « Ils me donnent des bouts de ficelle, et je dévide la pelote ». En lien avec de nombreux partenaires, dont l’ANPE, les centres départementaux d'action sociale, les entreprises d'insertion ou les centres sociaux, Laurence tricote du sur mesure.
Régulièrement, les bénéficiaires du RMI viennent faire un point d’étape avec elle afin de formaliser dans le contrat d'insertion les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en oeuvre, contrepartie obligatoire du versement de l'allocation. « Ils viennent parfois avec la crainte que je leur coupe les vivres s’ils n’ont pas respecté leurs engagements. Certes, je dois surveiller les abus, mais j’ai surtout un rôle d’aide et de conseil ». Lucide, Laurence sait garder la tête froide quand les insultes couvrent les remerciements, alimentées par la détresse financière et la fragilité psychologique. Pugnace, elle se bat au quotidien pour monter des dossiers de financement ou des parcours d’insertion solides. « Toujours avec l’assentiment des premiers intéressés ». A deux, c’est toujours mieux.
(texte: O.Brovelli / photos: D.Gouray)
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BELLMONT
Bonsoir, je suis impressionnée par le calme apparent de Laurence Bothé et le réalisme dans la description de sa fonction. Sa tâche n'est pas de tout repos avec des moyens pas toujours en adéquation avec le projet et certainement de plus en plus de dossier à suivre malheureusement. Je vous adresse mes sincères félicitations.
Myriam Bellmont
Lundi 06 Décembre 2010 - 22:53