Gladys Bouchet, professeur d'enseignement artistique : «Parler au cerveau, aux doigts et au cœur »
Gladys Bouchet adore son métier. Et quand on aime, on ne compte pas : ni ses heures supplémentaires, ni le nombre d’élèves qu’on a formés. En 37 ans de pratique professorale, des cohortes de jeunes musiciens ont appris la flûte traversière auprès d’elle, en face à face ou en petit comité. Aujourd’hui, elle se consacre aux plus expérimentés, les étudiants qui ont réussi le concours d’entrée du conservatoire. A chacun d’entre eux, elle prodigue un enseignement personnalisé.
« En l’absence de programme officiel, je dispose d’une liberté totale dans le choix des méthodes et des partitions », se félicite l’ancienne flûte solo de l’orchestre municipal. Quelques uns deviendront musiciens professionnels au sein d’un orchestre. Les autres taquineront la flûte en amateurs éclairés, pour le simple plaisir de jouer. Quand elle ne pratique pas elle-même son instrument –deux heures par jour-, Gladys rend visite à ses jeunes collègues, en poste dans la région. Si besoin est, elle leur offre ses bons offices pour compléter l’équipe d’un jury.
Au fil des ans, le travail de Gladys n’a pas foncièrement changé. La flûte reste une valeur sûre. Mais les enseignants du Conservatoire ont ajouté d’autres cordes à leur arc : les musques amplifiées, le jazz, la musique bretonne, etc. « Quel que soit l’instrument, il faut se rendre disponible afin de tirer le meilleur de chaque élève, toujours avec beaucoup de complicité », livre Gladys. Qu’ils aient 8 ou 22 ans, l’enseignante s’adresse toujours « au cerveau, aux doigts et au cœur ». Concurrencée par la télévision, Internet et les copains, Gladys use de séduction, mais sait aussi élever la voix. « C’est un métier très riche sur le plan relationnel. Avec des ados, on participe à leur quête de sens. C’est un sentiment très fort ». Modestement, Gladys Bouchet écrit aussi l’une des partitions de leur vie.
(texte: O.Brovelli / photos: D.Gouray)
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