[Culture, Loisirs]
Que retenir de ce retour au parc expo ? Beaucoup plus de choses qu’au Liberté jeudi soir. Comme on n’a pas pu tout voir, petite revue des quelques groupes marquants de ce deuxième soir des Trans. En tête de liste : les Wankin’ Noodles et Solillaquist of Sound.
D’entrée, le concert très fun des Chocolat Donuts, groupe de rock efficace à défaut d’être original, a fait l’unanimité chez les plus jeunes. Rock à minettes diront certains, tant il est vrai que le chanteur semble avoir un pouvoir de séduction magique sur la gent féminine… C’est aussi ça, le rock n’ roll.
Les Chocolat Donuts (D.Gouray / Ville de Rennes)
Les Islandais de FM Belfast, eux, peuvent difficilement tirer profit de leur physique. Et n’arrangent rien en revêtant d’affreux pyjamas moulants rouges et des T shirt rayés parfaitement risibles. Mais on aime bien leur électro-pop amusante et sans prétention, encore mieux sur leur Myspace.
Lost Valentinos ayant annulé, les Trans ont proposé à Slow Joe, crooner indien au parcours hors norme, déjà vu à l’Ubu jeudi, de prendre place sur la scène du hall 4. Sorte de Compay Segundo des rues de Bombay, Slow Joe entame à 74 ans une vie de rock star en tournée… Sa voix unique a fait trembler les murs arides du parc expo, lors d’une chanson très émouvante, seul derrière le micro.
Slow Joe (D. Gouray / Ville de Rennes)
Autre voix énorme, inoubliable, incomparable : Alexandrah, chanteuse de Solillaquist of Sound. Le groupe de hip-hop américain nous plaisait déjà sur la compil des Trans, et leur Myspace. Vendredi soir, il leur a suffit d’une petite heure pour nous rappeler que le hip-hop n’est pas mort, et qu’il existe encore des rappeurs originaux, intelligents, sachant marier les genres, les mélodies soul et les beats insensés, le flow tout en souplesse et les paroles subtiles et engagées. Bravo à eux, vous n’avez pas fini d’en entendre parler…
Les Wankin' Noodles
Quant à LA révélation –qui n’en est pas vraiment une pour les Rennais, mais pensons au reste du monde–, les Wankin’ Noodles, régionaux de l’étape, mi-Rennais mi-Briochains (personne n’est parfait), en voilà d’autres qui iront loin. Vous connaissez les Hives ? Ils font mieux ! Et ce n’est pas peu dire, quand on sait le culte voué aux Suédois, auteurs d’hymnes garage punk irrésistibles. Les Wankin’ ont la même verve musicale, le même talent pour décocher des riffs simples et hargneux à s’en dessouder la mâchoire, le même look 50’s noir et blanc, petites cravates et coupe au bol. Mais loin d’être une simple copie, ils avancent des arguments bien à eux : un drôle de dandy au chant, ondoyant et lubrique ; un tueur en série de cordes de guitares, à en faire pâlir la plupart des guitaristes programmés cette année ; un métronome inspiré derrière les fûts ; et un bassiste agile pour supporter la construction complexe de certains morceaux, moins primaires qu’ils n’y paraissent.
Mais point de chauvinisme renno-rennais, on a adoré, un point c’est tout.
On finit en transe avec Aeroplane, DJ belges au son ample et vertigineux, remixeurs bricoleurs sans le moindre scrupule : ils se définissent quelque part entre le « Psychédélique, l’Emo et la Chanson italienne ». Tout est dit. C’est parfois gras, souvent explosif, avec une vraie tentation pour le mauvais goût : c'est sandwich au pâté, rillettes ET foie de veau. On adore.
CR
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