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Mise à jour : 24/03/2010

Le budget 2010

«Solidarité et confiance». Ce sont les signes qu'a voulu envoyer l'équipe municipale rennaise le 13 mars, en adoptant le budget 2010 dans un contexte difficile. Faits marquants: un des plus hauts niveaux d'investissements inscrits ces dernières années et une hausse de 4,5% des taux d'imposition.


En 2009, le budget avait été adopté sur fond de crise économique violente et brutale. En 2010, le contexte reste difficile. «Sur le plan économique et social», insiste le maire Daniel Delaveau en préambule à une longue journée de débats. Même si la situation est moins dégradée à Rennes qu'ailleurs selon lui, la hausse du chômage et de la précarité pèse sur le bassin local.


Il l'est également «pour les collectivités» dont la visibilité, notamment en termes de moyens d'actions, est brouillée par les réformes en cours. Dans ce paysage, la Ville de Rennes présente «un budget maîtrisé, placé sous le signe de la solidarité et de la confiance».


Son objectif ? Assurer la qualité des services à la population rennaise et maintenir un haut niveau d'investissements. Mais sans dégrader les comptes et en maîtrisant la fiscalité. Une équation à quatre variables expliquée par l'adjoint aux finances, François André.

 

Le budget général

Le budget général de la Ville de Rennes dépasse pour la première fois la barre des 500 M€ (505 M€). Il est composé du budget principal (433 M€), des budgets des Scic (les services à caractère industriel et commercial, c'est-à-dire l'eau, l'assainissement...) et des Zac (zones d'aménagement concerté).


Les dépenses de fonctionnement


Les dépenses de fonctionnement inscrites au budget principal (247M€, hors autofinancement) augmentent de 1,7% par rapport à 2009. Plus de la moitié de ces dépenses est consacrée au personnel municipal (146 M€, charge nette en hausse d'environ 2% en un an) dont l'effectif a peu bougé.


Les créations de postes pour 2010 ont été  limitées à deux secteurs: la Police municipale, pour une évolution de ses missions, et la direction des Sports pour l'ouverture de la nouvelle piscine des Gayeulles.
Autre poste important des dépenses de fonctionnement: les subventions aux associations. Celles-ci augmentent globalement de 2%  par rapport à l'exercice précédent. Par ailleurs, l'aide apportée au Centre communal d'action sociale qui soutient les bénéficiaires du RSA et distribue des aides aux personnes en grande difficulté financière, augmente de 3%.


Les charges à caractère général, soit les dépenses courantes de la "maison" Rennes (dépenses d'études, fournitures diverses, prestations extérieures...) diminuent de 4,4% (-2M€), malgré une hausse des fluides (gaz, électricité, eau et chauffage).

Les recettes de fonctionnement

«Je l'avais indiqué comme crainte, cette crainte se vérifie, déplore l'adjoint au Finances, François André. Nous assistons à une baisse de 2% des dotations de l'Etat.» Elles s'élèvent en 2010 à 68,4 M€, -1,9 M€. «C'est un phénomène d'autant plus préoccupant qu'il est tendanciel.» Entre 2004 et 2009, elles ont diminué d'environ 5 M€. Si cette tendance se poursuit, la baisse des dotations entre 2007 et 2014, fin de mandat municipal, pourrait s'élever à 9 M€ en euros constants. Et il s'agit là d'un scénario optimiste, relève l'élu.

Les taxes

Afin de compenser le manque à gagner des dotations de l'Etat et conserver des marges de manœuvre pour poursuivre un niveau d'investissements élevé (lire plus bas), le conseil municipal a voté une hausse de 4,5% de la taxe d'habitation et du foncier bâti.


Le produit des trois taxes (habitation, foncier bâti, foncier non bâti) s'élève à 117, 7 M€. Parallèlement, le recours à l'emprunt augmente tout en respectant  l'objectif d'une épargne nette positive dans les années à venir. Selon les projections des services financiers, l'épargne nette en tendance, et qui atteint aujourd'hui 20 M€ se maintiendrait  à 10 ou 12 M€ en 2014 avec les augmentations de fiscalité intervenues en 2009 et 2010. Sans les hausses de fiscalité, l'épargne nette aurait été à peine positive en 2014.

Les investissements

Le niveau d'investissements inscrits en 2010, 103M€, représente le plus haut niveau d'investissement depuis 1997, à l'exception de celui de 2009 qui incluait un plan de relance. «Dans cette période de crise, nous devons jouer notre rôle d'investisseur public», insiste François André. Un rôle qui a un impact important sur le soutien de l'économie locale.


A titre d'exemples, l'adjoint aux finances évoque la construction du pont avenue François château pour relier la Zac Baud-Chardonnet, l'aménagement de la porte de Nantes, des berges de l'Ille, l'achèvement de la piscine des Gayeulles, la restructuration de l'école Quineleu...

Les emprunts, l'autofinancement et la dette

L'autofinancement reste satisfaisant  avec plus de 42 M€ inscrits au budget général. L'annuité de la dette est stable à 26,7 M€. L'encours de la dette qui au 1er janvier 2009 représentait 804 euros par habitant place Rennes au-dessous de la moyenne des villes française de même taille (926 €).
Dominique Primault


(Passez la souris sur Investissement et Fonctionnement pour connaître la répartition par secteur d'activités. Infographie: Idé)

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