[Culture, Loisirs, Quartiers]
Samedi 27 mars, les archives municipales proposaient une visite décalée du vieux Rennes, mise en scène par la compagnie théâtrale les Becs verseurs. Le thème? Le pouvoir municipal au fil des siècles. Près de 60 participants s’étaient donné rendez-vous pour une balade pleine d’humour.
La visite commence dans la cour des portes mordelaises par une présentation de la Sodahv : Société des amis de l’histoire vivante. Catherine et Alexandro, éminents “historiants”, entrent dans le vif du sujet. De la création de Condate au IIe siècle avant J-C jusqu’aux portes royales au XVe, l’histoire rennaise fourmille d’anecdotes:
Dont cette curieuse découverte : Catherine Edral exhibe devant le public étonné un paquet de dragées dans leur dentelle rose. “Mais bien sûr, elles datent du mariage de Anne et de Maximilien!” Et la voici lancée à raconter les circonstances et l’ambiance irréelle dudit mariage d'Anne de Bretagne et de Maximilien d’Autriche, en 1490:
Tout à coup, deux valets en habit d’époque sortent d’une auberge et annoncent que s’y tient le banquet offert en l’honneur des ambassadeurs de l’empereur Maximilien. Valets et “historiants” s’interpellent et se coupent la parole sans vergogne alors que chapons de Cornouaille, perdrix, bécasses, pigeons et autres menus gibiers mettent l’eau à la bouche...
Une halte sur le parvis de la cathédrale : Apolline entame la lecture de la lettre patente d’Henri II dotant la ville de Rennes d’un conseil d’échevins, le 26 mars 1548 ; treize bourgeois de la ville mettent en place le pouvoir municipal rennais. Chacun écoute le message ponctué par les murmures des “petites gens”.
Rue du Griffon, un habitant réveillé dans son sommeil ouvre une fenêtre et rage: “c’est quoi ce raffût?” “C’est la révolte! Révoltons-nous contre la taxe du Papier Timbré! Le roi Louis XIV, oui, mais sans la gabelle!” :
Rue des Dames, le groupe croise une patrouille de la ville. Nous sommes au XVIIe siècle. Après la lecture interminable du règlement, assez obscur, l’assemblée est invitée à s’encorder, “car les rues sont mal famées”. Le groupe amusé remonte la rue Georges Dottin sous les regards étonnés des passants et des buveurs attablés, assiste en direct à une agression, puis le calme revenu, s’engage dans la rue de la Psallette:
Dans cette ruelle obscure qui jouxte la cathédrale, des petites bougies sont distribuées, puis déposées par terre autour de notre oratrice Apolline. Le sujet du moment? L’éclairage public au XVIIIe siècle, l’allumage des chandelles et autres lanternes publiques. L’occasion d’évoquer l’incendie de 1720: on apprend que le premier architecte de la reconstruction de Rennes, Isaac Robelin, fut remercié en 1724 et remplacé par Gabriel. Ce dernier réorganise la ville selon un plan en damiers, conserve les quelques maisons à pans de bois épargnées par le sinistre et fait bâtir des maisons en pierre, granit au rez-de-chaussée et tuffeau pour les étages. L’hôtel de ville est érigé à l’époque où Rallier du Baty devient le maire d’une ville quelque peu métamorphosée.
Notre joyeuse assemblée se retrouve devant l’hôtel de ville pour une photo de famille et l’écoute d’un message radio un rien anachronique. Qui aurait deviné que la radio existait déjà à l’époque de Rallier du Baty?
Prochaines visites, fin avril-début mai. Rens au 02 23 62 12 60.
Jérôme Méar
Photos © Franck Hamon / Ville de Rennes
vos réactions à cet article - 0 réaction