[Culture, Loisirs]
Lundi 10 mai, 10 h 30, Mairie. Gwen ha Du et Breizh parapluies de sortie, les enfants des écoles Div Yeiz, Dihun, Diwan lancent la 2e Redadeg. Une course de relais de 1200 km parcourus, entre Rennes et Pontivy, en six jours et cinq nuits, pour fêter bien haut et fort le breton, langue bien vivante.
Il pleut, il pleut, ce n’est pas la fête à la grenouille mais aux petits bretonnants qui participent au lancement de la Redadeg, course de relais pour la valorisation de la langue bretonne. Sur scène, Les Ramoneurs de Menhirs, version punk celtique acidulé, entraînent les enfants à reprendre en chœur l’hymne concocté pour l’occasion. Ca saute, ca piaffe… «La prochaine fois, j’irai défendre la langue Corse, je suis sûr du temps là-bas», s’amuse un sympathisant.
Div Yeiz, Dihun, Diwan, les trois filières publique, privée et associative de l’enseignement du breton sont dans les starting-blocks. Sourire mouillé Gwereg, tee-shirt rouge de mise, ouvre la marche. «Je défends le breton», affirme-t-il, du haut de ses dix ans malicieux. «J’ai commencé à la maternelle et je suis aux Gantelles.» Applaudissements: les Dihun ont fait leur tour d’honneur du Parlement. Les Div Yeiz prennent la relève. Ils passeront le témoin aux Diwan qui, à leur tour, le donneront aux collégiens et lycéens du lycée Jean-Macé.
Vous avez dit Ar Redadeg ? La course en breton. Plus exactement, une course de relais de 1200 km, avec passage de témoin tous les kilomètres. Tout un symbole pour les organisateurs de l’association organisatrice Redadeg a di da di: «Le témoin représente la transmission de la langue bretonne entre tous, et plus particulièrement entre les générations… et sur l’ensemble du territoire.»
Pour cette 2ème édition, le départ a lieu à Roazhon, Rennes: autre symbole! Et demain? Pas de jaloux, départ de Naoned, Nantes: «avec traversée de la Loire pour rejoindre le Morbihan».Titouan porte le relais de cette première étape. À chaque ville traversée, des temps festifs, fest-noz ou fest-deiz… Arrivée le 15 mai à Pontivy!
Chaque kilomètre parcouru est vendu. «Les bénéfices réalisés vont pour moitié à Diwan, à l’initiative de la première Redadeg, en 2008. L’autre moitié sera versée à des initiatives qui valorisent la place de la langue dans la vie sociale et familiale.» Suite à un appel à candidature, vingt-deux projets ont été reçus. Six seront soutenus. Citons la création d’une pièce historique en breton destinée aux adolescents ou un système de postcast pour télécharger sur Internet et écouter les émissions de radio en breton.
Emilio porte les couleurs du Pays-Basque. Il soutient la Redadeg, en chanson. La course bretonne s’inspire du modèle basque la Korrika : «Une course qui existe depuis 25 ans pour défendre notre langue.» Tee-shirt blanc estampillé «Saperien Bomperien», Samuel est venu avec sept autres pompiers de la caserne Saint-Georges : «Nous avons pensé qu’il serait sympa que l‘amicale de pompiers accompagne les enfants !». Tenues de sport pour Nathalie Appéré, Frédéric Bourcier et Sébastien Sémeril… les élus rennais, à petites foulées, accompagnent le tour d’honneur des enfants. Parmi les Rouge, il y a des Verts… une autre délégation. Décidément le breton fait des émules !
Il pleut sur la langue bretonne? Les statistiques ne sont guère plus optimistes que les cieux. Les enfants qui courent aujourd’hui pour la Redadeg sont issus de la 2e génération après l’abandon du breton comme langue de la famille. Ils font partie des 14% de la population la Bretagne historique qui parle breton, soit 206 000 locuteurs, estimait l’agence TMO Régions, en 2007.
En 2017, le journaliste et chercheur Fañch Broudic estime qu’ils ne seront plus que 120 000. Philippe qui accompagne dix-neuf écoliers malouins de Div Yeiz se veut optimiste : «Tant qu’il y a des enfants, il y a de l’espoir»…
Christine Barbedet
Son : Maman de Gaston et Zoé, élèves de Div Yeiz
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